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Sport et santé mentale – « L’activité physique et sportive est la nourriture du cerveau »

Sport et santé mentale – « L’activité physique et sportive est la nourriture du cerveau »

L’activité physique est aujourd’hui reconnue comme un déterminant essentiel de la santé mentale, tant dans la prévention que dans la prise en charge des troubles psychiques. Les données scientifiques montrent qu’une pratique régulière contribue à réduire le risque de dépression, d’anxiété et de burn-out, tout en améliorant le bien-être psychologique, l’estime de soi et les capacités cognitives. Chez les enfants et les adolescents, une activité physique régulière est associée à une meilleure santé mentale à l’adolescence et favorise un développement harmonieux à l’âge adulte.

Sur le plan physiologique, l’activité physique agit en diminuant les phénomènes inflammatoires et le stress oxydatif, tout en stimulant la production de neurotransmetteurs impliqués dans la régulation de l’humeur, tels que la sérotonine et la dopamine. Elle constitue également une thérapie non médicamenteuse reconnue dans la prise en charge de nombreuses maladies chroniques et représente le traitement de première intention des épisodes dépressifs légers à modérés. Associée à une prise en charge adaptée, elle améliore les symptômes des troubles anxieux, des syndromes post-traumatiques et de plusieurs pathologies psychiatriques.

Au-delà de ses effets biologiques, l’activité physique favorise les interactions sociales, renforce le sentiment de compétence et améliore durablement la qualité de vie. Pour être efficace, elle doit être adaptée aux capacités, aux besoins et aux préférences de chacun, afin de favoriser une pratique régulière et durable. Ainsi, l’activité physique s’inscrit pleinement dans une approche globale de promotion de la santé mentale et de prévention des troubles psychiques tout au long de la vie.

Programme santé mentale et psychiatrie 2025-2030

Programme santé mentale et psychiatrie 2025-2030

La santé mentale des enfants et des adolescents constitue aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique. Face à l’augmentation des troubles psychiques et des troubles du neurodéveloppement, les pouvoirs publics renforcent leurs actions afin d’améliorer le repérage précoce, le diagnostic, la qualité des soins et la continuité des parcours de prise en charge.

Le Programme Santé mentale et psychiatrie 2025-2030, publié en janvier 2025, identifie plusieurs priorités concernant les jeunes. Parmi celles-ci figurent l’amélioration de la prise en charge des enfants et adolescents hospitalisés en psychiatrie, la prévention et la gestion des situations de violence en milieu hospitalier, la continuité des soins entre la pédopsychiatrie et la psychiatrie de l’adulte, ainsi que le repérage et la prise en charge du stress post-traumatique. Le programme accorde également une place importante aux troubles du neurodéveloppement, notamment les troubles du spectre de l’autisme (TSA), le trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), les troubles « dys » et le trouble du développement intellectuel (TDI), avec pour objectif de favoriser un parcours de soins coordonné, fondé sur les données probantes et centré sur les besoins de la personne.
Ces orientations soulignent l’importance d’une approche précoce, pluridisciplinaire et personnalisée, visant à promouvoir le développement, le bien-être et la qualité de vie des enfants, des adolescents et de leurs familles.

Elles rappellent également le rôle essentiel de la prévention, de l’accompagnement des proches et de la coordination entre les différents professionnels impliqués dans le parcours de soins.

Activité physique – Contextes et effets sur la santé

Activité physique – Contextes et effets sur la santé

L’activité physique constitue un déterminant majeur de la santé et du développement de l’enfant et de l’adolescent. De nombreuses études montrent qu’une pratique régulière favorise non seulement le développement des capacités cardiovasculaires, musculaires et osseuses, mais contribue également au bien-être psychologique, à l’amélioration de l’estime de soi et au développement des compétences cognitives et sociales. Elle participe aussi à la prévention de nombreuses pathologies liées à la sédentarité, telles que le surpoids, l’obésité et certaines maladies métaboliques.

Au-delà de ses bénéfices physiques, l’activité physique joue un rôle important dans la santé mentale. Une pratique adaptée est associée à une diminution des symptômes anxieux et dépressifs, à une meilleure perception de la qualité de vie ainsi qu’à un meilleur fonctionnement psychosocial. Les activités physiques pratiquées en groupe favorisent également les interactions sociales, l’apprentissage des règles collectives et le développement des compétences relationnelles.

Les bénéfices observés dépendent toutefois de la régularité, de l’intensité et du contexte de pratique. Si une activité physique modérée est reconnue pour ses effets positifs sur la santé globale, une pratique sportive intensive ou de haut niveau peut s’accompagner de contraintes physiques et psychologiques nécessitant un encadrement adapté. Promouvoir une activité physique régulière, progressive et individualisée dès le plus jeune âge constitue ainsi un enjeu majeur de santé publique afin de favoriser un développement harmonieux et l’adoption d’habitudes de vie bénéfiques tout au long de la vie.

Santé mentale et bien-être des enfants et des jeunes : un enjeu de société

Santé mentale et bien-être des enfants et des jeunes : un enjeu de société

La santé mentale est le résultat de ce qui se passe à l’intérieur de chaque personne, mais aussi autour d’elle. Elle peut  être affectée par des événements personnels bien identifiés, mais aussi par une multitude d’autres facteurs environnementaux et sociétaux. Elle n’est pas un état figé, mais une recherche permanente d’un état d’équilibre psychique, propre à chaque personne, selon ses conditions de vie et les évènements qu’elle vit ou qu’elle a vécus.

Elle est la conséquence des expériences, mais aussi des conditions et des espaces dans lesquels chacun vit. La famille est un de ces espaces essentiels. La confiance doit s’y imposer, mais aussi l’apprentissage, l’émancipation et la responsabilité. L’école est elle aussi au centre des enjeux. C’est ce que souligne le CESE quand il invite à « redéfinir un projet pour l’école » et affirme que réussite individuelle et réussite collective ne vont pas l’une sans l’autre. Avec cet  avis, il le redit : l’école doit être favorable à une bonne santé mentale. Face au poids des inégalités, qui pèsent encore
trop sur l’orientation, elle doit s’adapter aux besoins et aux aspirations des élèves, être le lieu de la motivation, de l’estime de soi, du plaisir d’apprendre, sans abandonner l’exigence du savoir6. Au-delà, les conditions de logement, les liens familiaux et sociaux, un environnement respectueux de la santé, l’accès à la nature, la possibilité de se déplacer, d’accéder à l’art, à la culture et à la pratique sportive, aux loisirs et aux vacances sont les déterminants d’une bonne ou d’une mauvaise santé mentale.

Cet avis vise les enfants et les jeunes de 5 à 25 ans, avec l’idée d’analyser le continuum des problématiques de santé mentale, entre l’enfance, l’adolescence et l’entrée dans la vie d’adulte.

Adolescentes et sport : le grand décrochage

Adolescentes et sport : le grand décrochage

Aujourd’hui en France, 49 % des adolescentes abandonnent le sport avant leurs 15 ans (UNESCO – 2024), c’est 6 fois plus que chez les garçons. Un phénomène massif mais inexpliqué, que nous voulons, chez MGEN, mettre en lumière.

Parmi ces jeunes filles qui arrêtent, près d’une sur deux (45,2 %) abandonne le sport malgré elle. Ce dernier chiffre, tiré de l’étude MGEN / Kantar, dit l’essentiel : l’abandon du sport pour un grand nombre d’adolescentes n’est pas un choix individuel, libre et éclairé. Ce n’est ni un manque d’envie qui pousse les filles à arrêter le sport, ni un épiphénomène, ni une affaire individuelle. C’est la conséquence de contraintes sociales et de stéréotypes de genre qui conduisent les jeunes filles à quitter une pratique sportive qu’elles affectionnent pourtant.

Cet abandon précoce conditionne une trajectoire de sédentarité durable : les filles qui décrochent à l’adolescence reprennent moins le sport à l’âge adulte. Il creuse ainsi une inégalité d’accès aux bénéfices du sport sur la santé physique et mentale, entre les hommes et les femmes, qui persiste tout au long de la vie. Il creuse aussi une inégalité dans le rapport au corps, à la performance,
aux autres, dans la confiance et l’estime de soi. Il creuse enfin une inégalité dans le rapport au temps, aux loisirs, à la sociabilité. De ce fait, l’abandon du sport par les adolescentes devient un sujet, sinon un enjeu de société.